Aujourd'hui plus que jamais, les divers ordres de gouvernement et les organismes de financement tiennent à avoir accès à des renseignements exacts et méthodiques au sujet des sans-abri et de l'utilisation qu'ils font des services d'aide qui leur sont destinés. Les intervenants des collectivités souhaitent obtenir des données précises qui les aideront à améliorer les services offerts aux sans-abri, la planification et la prise de décisions. Comme l’Initiative du SISA est la seule base de données qui regroupe des données nationales permettant de dresser un portrait clair de la nature et de l'ampleur du phénomène de l'itinérance au Canada, l’Initiative du SISA doit tout mettre en oeuvre afin d'accroître la robustesse du logiciel du SISA tout en renforçant les capacités d'analyse de données des intervenants du SISA et l'utilisation du SISA dans les collectivités canadiennes.
Comme le SISA est la seule base de données d'envergure nationale, il est important de vaincre les réticences des intervenants qui hésitent à partager leurs données. Si leur résistance découle d'un manque de confiance, il faut leur rappeler que le PPD garantit la protection et la confidentialité des données personnelles relatives aux clients individuels et aux familles, tel que le stipulent les lois fédérales, provinciales et territoriales en matière de respect de la vie privée et d'accès à l'information. Le PPD décrit les paramètres qui permettront de déterminer quelles données seront partagées, à quel moment elles seront transmises, qui les recevra et en sera propriétaire et comment elles seront protégées. Le PPD trace les lignes directrices du partage des données avec le gouvernement fédéral. Au niveau fédéral, seules les données agrégées sont partagées. Comme ces données ne peuvent pas servir à révéler l’identité des clients, elles protègent du même coup leur vie privée. Ce protocole peut servir de modèle aux villes et aux collectivités qui désirent signer des ententes avec des maisons d'hébergement et des fournisseurs de services. La signature d'un PPD nécessite une communication constante avec les utilisateurs des refuges, de façon à protéger leurs renseignements personnels et à permettre le partage des données. Si aucun PPD n'a été signé, les collectivités ne peuvent pas exporter des données qui viendraient enrichir l'information accessible pour les analyses et les recherches. La signature d'un plus grand nombre de PPD accroîtra la fiabilité de la base de données nationale du SISA, puisqu'elle comprendra alors une gamme plus étendue de refuges et un plus grand nombre de lits et de services.
Dans le cadre de l'Initiative du SISA, le logiciel a été mis en oeuvre dans environ 38 % des maisons d'hébergement du Canada. Il est important de noter que ces établissements représentent un fort pourcentage des lits disponibles pour les sans abri dans l'ensemble du pays. En effet, plus de 60 % de ces maisons d'hébergement sont des organismes importants, qui comptent au moins 50 lits ou même plus de 100 (voir le graphique ci-dessus). Bien que l'utilisation du SISA soit assez répandue, certaines régions sont sous-représentées, et ces lacunes empêchent de dresser un portrait complet de l'utilisation des refuges et des caractéristiques des sans-abri. Actuellement, parmi les 562 utilisateurs inscrits au SISA (dont 417 sont des refuges), on compte 284 organismes qui ont signé un PPD avec le gouvernement fédéral.
Une augmentation du nombre d'exportations de données envoyées à l’Initiative du SISA pourrait compenser la sous-utilisation du SISA dans certaines régions. Le PPD décrit la marche à suivre pour la soumission des données, leur agrégation et la production de rapports. Il définit les rôles et responsabilités du gouvernement du Canada, des coordonnateurs du SISA et des fournisseurs de services en ce qui concerne les exportations de données du SISA. Selon le PPD, les fournisseurs de services ou les coordonnateurs du SISA sont tenus de soumettre à l'équipe nationale du SISA, chaque mois ou tous les trois mois, des fichiers d'exportation de données qui incluent les dix champs obligatoires. Alors que 284 maisons d'hébergement et fournisseurs de services ont signé un PPD, seulement 170 ont exporté des données vers l'Initiative du SISA. Sans exportations de données, le Secrétariat des partenariats de lutte contre l'itinérance peut difficilement déterminer qui utilise les services destinés aux sans-abri et déceler les profils d'utilisation. Ces données permettent aux planificateurs, aux chercheurs et aux responsables de l'élaboration des politiques de mieux connaître les caractéristiques des personnes qui sont en situation d'itinérance au Canada, de même que l'utilisation et l'efficacité des services mis à leur disposition.
Les coordonnateurs du SISA devront fixer des objectifs, créer des mesures incitatives et agir de façon proactive afin de mettre sur pied un comité de coordination des données réunissant des utilisateurs du SISA et des fournisseurs de services, dans le but d'encourager les maisons d'hébergement à exporter leurs données vers les coordonnateurs du SISA et l'équipe nationale du SISA. L'outil « Adventures in Data Coordination », présenté par Jacques Daigle lors de la Conférence annuelle des coordonnateurs et disponible dans le forum Web des coordonnateurs, est l'exemple d'un outil très pratique pour faire le suivi des fichiers d'exportation du SISA.
Parmi ces dix champs obligatoires, cinq servent à décrire le refuge. Ainsi, les champs qui portent sur le nom de la maison d'hébergement, le code du centre et le but du centre répondent à des questions comme celles-ci : De quel établissement s'agit-il? Combien compte-t-il de lits et de lits de débordement? Comment les lits sont-ils utilisés? À quelle fréquence sont-ils utilisés par les mêmes personnes ou les mêmes familles, et pour quelle durée?
Les cinq autres champs compilés pour le PPD portent sur les caractéristiques des utilisateurs des refuges. Ces champs sont le code client unique, la date de naissance, le sexe, la date d'admission et la date de sortie.
Alors qu'elle élaborait le rapport sur la situation de Yellowknife, l'équipe nationale du SISA a constaté que ce rapport ne fournirait qu'un exemple de ce qu'on peut apprendre grâce aux données du SISA recueillies dans la collectivité. Certes, les données disponibles peuvent être utiles pour décrire, dans les grandes lignes, les sans-abri de Yellowknife et l'utilisation qu'ils font des maisons d'hébergement. Mais si on utilisait un plus grand nombre de champs, il pourrait être possible de comprendre pourquoi ces personnes sont sans abri et d'évaluer leurs progrès vers un logement stable. Au cours de la prochaine année, l'équipe nationale du SISA travaillera de concert avec les coordonnateurs afin d'établir des stratégies qui permettront de mener des analyses plus approfondies et de relever les défis grandissants qui découlent de l'importance que la SPLI accorde aux résultats en matière de logement. Pendant la Conférence annuelle des coordonnateurs du SISA tenue en septembre 2007, il a été convenu d'ajouter les champs ci-dessous :
L'équipe nationale du SISA envisage d'ajouter d'autres champs obligatoires qui fourniront des données sur les familles. Ces données seraient fort utiles à la SPLI, qui concentre maintenant son attention sur les familles étant donné que de nombreuses statistiques démontrent qu'un nombre croissant d'entre elles vivent des problèmes d'itinérance et d'instabilité du logement.
Par ailleurs, l’Initiative du SISA encourage la mise en place d'une collaboration continue avec les gouvernements fédéral et provinciaux. Le SISA continuera de fournir des données aux ministères fédéraux sur demande et d'explorer des façons de relier la base de données nationale du SISA à d'autres bases de données fédérales. Les gouvernements provinciaux et territoriaux se disent intéressés à mettre en oeuvre le logiciel du SISA afin de recueillir des données sur les maisons d'hébergement et les fournisseurs de services. La collaboration établie entre le SISA et la région de Terre-Neuve-et-Labrador est l'exemple le plus récent des mesures qui ont été prises pour permettre le partage de données entre les gouvernements fédéral et provinciaux. Les coordonnateurs du SISA sont bien placés pour favoriser l'établissement de liens entre le gouvernement fédéral et les gouvernements provinciaux et territoriaux.